Polymarket et Kalshi bolqué également en Espagne
Nouveau coup de tonnerre pour les marchés de prédiction en Europe. L’Espagne interdit temporairement l’accès à Polymarket et Kalshi pour protéger ses parieurs, emboîtant le pas à la Belgique et à une coalition grandissante de pays européens.
Le couperet est tombé à Madrid. La Dirección General de Ordenación del Juego (DGOJ), le régulateur espagnol des jeux de hasard, vient d’ordonner le blocage temporaire des plateformes Polymarket et Kalshi.
Les autorités ont ouvert une procédure de sanction formelle et enquêtent pour déterminer si ces deux géants américains ont opéré illégalement en Espagne, sans détenir les licences obligatoires requises par la loi nationale. Un verdict définitif est attendu d’ici trois à quatre mois.
Les marchés de prédiction en Espagne
Les marchés de prédiction permettent de miser de l’argent sur l’issue d’événements futurs, comme une élection politique ou la météo. Pour l’Espagne, ils entrent directement dans la définition légale des jeux d’argent. Dès lors qu’un internaute place une mise sur un résultat futur incertain, il s’agit d’un pari.
Et en Europe, quiconque propose des paris au public doit montrer patte blanche et obtenir une autorisation administrative.
La protection des joueurs est la priorité
Au-delà du simple manque à gagner fiscal pour l’État, la DGOJ a mis en avant de graves lacunes en matière de protection des consommateurs pour justifier ce blocage conservatoire.
Le régulateur pointe du doigt l’absence totale de vérification d’identité sérieuse sur ces plateformes, l’inexistence de barrières pour empêcher les mineurs de miser, et l’impossibilité pour les joueurs dépendants inscrits sur les listes d’auto-exclusion d’être protégés.
En Belgique, le blocage est déjà une réalité
Cette offensive espagnole n’a rien d’un cas isolé et suit un mouvement de résistance globale des régulateurs européens.
La Belgique fait d’ailleurs partie des pays pionniers sur ce dossier. Chez nous, la Commission des Jeux de Hasard (CJH) applique une tolérance zéro très stricte. Polymarket et Kalshi sont déjà inscrits sur la liste noire nationale et leurs accès sont techniquement bloqués par les fournisseurs d’accès Internet. Sans une licence en bonne et due forme délivrée à Bruxelles, ces opérateurs n’ont pas le droit de citer sur le territoire belge.
L’Espagne rejoint ainsi une liste de plus en plus longue de pays qui ont banni ces pratiques. La France avait les avait interdits fin 2024 après l’explosion des mises sur la présidentielle américaine, suivie rapidement par l’Allemagne, le Portugal, la Suisse, la Roumanie, les Pays-Bas et la Pologne.
Pendant qu’une majorité de l’Europe se barricade, de rares juridictions tentent une approche différente. Malte a récemment annoncé explorer activement des pistes pour réguler ce secteur plutôt que de l’interdire, tandis que Gibraltar a délivré sa toute première licence officielle à un opérateur de marché de prédiction un peu plus tôt cette année.
Pour Polymarket et Kalshi, l’étau se resserre, et l’époque où l’on pouvait contourner les lois sur les jeux de hasard sous couvert d’innovation technologique semble bel et bien révolue.

