420 000 € réclamés à Polymarket pour un jour de retard
La Kansspelautoriteit réclame 420 000 € à la société derrière Polymarket. Le régulateur estime que la plateforme de marchés prédictifs a cessé trop tard ses activités accessibles depuis les Pays-Bas. Polymarket conteste cette décision et affirme avoir mis en place des mesures de blocage aussi rapidement que possible.
Une sanction née d’un jour de décalage
L’affaire repose sur un calendrier extrêmement serré. Polymarket devait empêcher les utilisateurs situés aux Pays-Bas d’accéder à ses marchés prédictifs au plus tard le 17 février 2026. Selon la Kansspelautoriteit, la plateforme n’a effectivement cessé ses activités néerlandaises que le lendemain.
Ce décalage d’une journée a suffi à déclencher une procédure financière lourde. La Ksa réclame désormais 420 000 € à Adventure One QSS Inc., l’entreprise qui exploite Polymarket. Le montant correspond à l’astreinte prévue par la mesure imposée au groupe.
Polymarket n’a pas payé cette somme. Le 16 juin 2026, la Kansspelautoriteit a publié une décision de recouvrement adressée le 19 mai 2026 à la société mère de Polymarket. Ce document confirme le désaccord profond entre le régulateur néerlandais et l’entreprise.
Pourquoi la Ksa surveillait Polymarket
Polymarket propose des marchés prédictifs, un type de service permettant aux utilisateurs de miser sur l’issue d’événements futurs. Ces événements peuvent concerner la politique, l’économie ou d’autres sujets d’actualité. Ce modèle a attiré beaucoup d’attention au cours de l’année écoulée, y compris aux Pays-Bas.
La Kansspelautoriteit avait rapidement indiqué que ces marchés prédictifs étaient illégaux sur le territoire néerlandais lorsqu’ils étaient proposés sans autorisation. Malgré cette position, Polymarket a continué à être cité dans les médias néerlandais.
La visibilité de la plateforme a été renforcée par plusieurs mentions publiques. Alexander Klöpping a ainsi expliqué, dans une émission, avoir placé de l’argent sur Polymarket à propos des élections néerlandaises. Bender a également fait la promotion de la plateforme sur sa chaîne vidéo.
Ces exemples ont contribué à placer Polymarket dans le viseur de la Ksa. Pour le régulateur, l’enjeu n’était pas seulement la notoriété du service, mais son accessibilité potentielle depuis les Pays-Bas. Dans un marché encadré par une autorité nationale, proposer des jeux d’argent ou des paris sans licence expose un opérateur à des mesures coercitives.
La défense de Polymarket face à la Ksa
Adventure One QSS Inc. conteste la manière dont la Kansspelautoriteit a appliqué la mesure. Selon l’entreprise, des blocages destinés à empêcher l’accès des utilisateurs néerlandais ont été déployés le 18 février 2026. Le problème, selon Polymarket, est que la vérification de la Ksa aurait eu lieu au moment même où ces mesures étaient encore en cours de mise en œuvre.
Dans la décision de recouvrement, l’entreprise soutient que la Ksa fonde sa demande sur une vérification trop limitée autour du 18 février. Polymarket estime qu’il n’est pas établi qu’il y ait eu une non-conformité structurelle.
La société conteste également le fait qu’un seul moment de test puisse entraîner automatiquement le recouvrement de la totalité de l’astreinte de 420 000 €. Selon elle, la Ksa n’a pas suffisamment expliqué pourquoi cette vérification ponctuelle justifiait une sanction aussi élevée.
Polymarket affirme avoir agi aussi rapidement que possible dans le court délai accordé. L’entreprise évoque la complexité des mesures techniques nécessaires pour bloquer l’accès à une plateforme en fonction de la localisation des utilisateurs.
Polymarket demandait un nouveau contrôle
Après la vérification contestée, Polymarket a demandé par écrit à la Kansspelautoriteit d’effectuer un nouveau contrôle le lendemain. L’objectif de l’entreprise était de démontrer que des mesures suffisantes avaient bien été mises en place pour empêcher l’accès depuis les Pays-Bas.
La Ksa n’a pas suivi cette demande. Le régulateur a maintenu sa position en rappelant que la date limite était le 17 février 2026. Selon lui, le point essentiel était que l’obligation devait être respectée avant cette échéance, et non un jour plus tard.
Une affaire emblématique pour les marchés prédictifs
Les marchés prédictifs se situent dans une zone de plus en plus surveillée. Leur fonctionnement peut ressembler à un outil d’anticipation collective, mais il implique aussi des mises financières sur des événements futurs.
Aux Pays-Bas, la Kansspelautoriteit ne laisse pas d’ambiguïté : ces services ne peuvent pas être proposés librement au public néerlandais sans cadre légal approprié. Polymarket en fait désormais l’expérience directe.
En Belgique, Polymarket figure sur la liste noire de la Commission des jeux de hasard.

