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Des mains entourant des jetons de casino sur fond noir

Casino de Bruxelles : Philippe Close accusé de conflit d’intérêts 

La future exploitation du Casino de Bruxelles provoque une controverse politique et déontologique autour du bourgmestre Philippe Close. Ecolo estime qu’il aurait dû se retirer de la procédure ayant conduit au choix de Napoleon Games, sponsor important du Sporting d’Anderlecht, dont il est administrateur.  

Un contrat de 750 millions d’euros sous pression 

La procédure devait déterminer qui exploiterait le Casino de Bruxelles pendant les quinze prochaines années. Elle est désormais au centre de plusieurs contestations qui dépassent largement la seule concurrence entre deux sociétés de jeux. 

La Ville de Bruxelles a choisi ECK, société exploitant la marque Napoleon Games, au détriment de Viage, qui exploite le casino depuis 2010. La concession est estimée à environ 750 millions d’euros sur quinze ans. Elle représente également une rentrée annuelle d’environ 10 millions d’euros pour la Ville. 

Napoleon Games doit en principe prendre les commandes de l’établissement le 1er janvier 2027. Mais avant même cette échéance, l’attribution est contestée devant le Conseil d’État par Viage. 

Pourquoi le rôle de Philippe Close pose-t-il question ? 

Philippe Close siège au conseil d’administration du Sporting d’Anderlecht depuis 2020. Selon Benoît Hellings, chef de groupe écologiste au conseil communal de Bruxelles, l’appartenance du bourgmestre au conseil d’administration du club aurait dû suffire à le conduire à se retirer de la procédure concernant Napoleon Games. L’opérateur est en effet l’un des partenaires commerciaux majeurs du Sporting d’Anderlecht. 

Benoît Hellings a depuis introduit auprès de la secrétaire communale un signalement pour possible infraction au nouveau code de déontologie et d’éthique de la Ville de Bruxelles. 

Ce texte, adopté le 29 juin 2026, prévoit qu’un mandataire local ne peut utiliser son influence ou sa voix pour servir l’intérêt d’une organisation dans laquelle il est directement ou indirectement impliqué. 

« Philippe Close aurait dû très clairement se déporter de toute la procédure de décision de désignation de la société Napoléon », affirme-t-il. 

« On n’achète pas la ville de Bruxelles » 

Le ton employé par l’opposition est particulièrement sévère en raison du montant de la concession et de son importance économique pour Bruxelles. 

« On ne parle pas d’une friterie ici, on parle d’un casino. C’est indécent, sachant les liens qu’il a avec cette société, Napoléon, dans un autre conseil d’administration dont il fait partie. Ça ne va pas. C’est très mauvais pour les finances communales, c’est très mauvais pour l’image de la Ville de Bruxelles. On n’achète pas la ville de Bruxelles, en particulier quand il s’agit de jeux d’argent », déclare-t-il. 

Le lien avec Anderlecht ne se limite pas à un simple logo 

L’offre de Napoleon aurait directement valorisé sa relation avec Anderlecht. Plusieurs événements liés au club étaient envisagés dans le futur casino, notamment des rencontres avec les partenaires, des lancements de saison ou encore des événements destinés aux supporters. 

L’offre aurait également prévu 3,852 millions d’euros pour le programme « Tous Mauves » du Sporting d’Anderlecht, consacré notamment à l’accompagnement et à l’inclusion de jeunes vulnérables. 

Le camp Close défend l’indépendance de la sélection 

Les défenseurs du bourgmestre avancent plusieurs arguments pour relativiser l’accusation. 

Le premier est que Philippe Close n’aurait pas participé au jury chargé d’examiner et de classer les offres. Aucune pression politique n’aurait été exercée pour favoriser Napoleon Games. L’offre de l’opérateur aurait simplement obtenu une meilleure évaluation.  

Le cabinet du bourgmestre insiste lui aussi sur la séparation entre l’analyse technique et la décision politique finale. 

« C’est un comité d’experts qui a analysé profondément toutes les offres mises sur la table, qui a estimé que cette offre était la meilleure et le collège a pris la décision de suivre ce comité. Aucun responsable politique ne prendrait ce risque de mettre en danger un contrat à 750 millions d’euros pour un sponsor sur un maillot », explique-t-il. 

Napoleon Games devançait Viage de quelques points 

Le résultat de la procédure montre toutefois à quel point chaque détail compte. 

Napoleon Games aurait obtenu une note finale de 91,02 sur 100, contre 87,74 pour Viage. L’écart était donc de 3,28 points. 

Ce classement est aujourd’hui contesté par Viage devant le Conseil d’État. L’auditeur du Conseil d’État a recommandé la suspension de la décision attribuant la concession à Napoleon Games. 

Les critiques portent notamment sur un manque de clarté dans la manière dont certaines notes ont été attribuées. Une erreur factuelle aurait également été relevée dans l’évaluation de l’offre de Viage. 

Il ne s’agit toutefois que de l’avis de l’auditeur. La décision appartient au Conseil d’État lui-même. 

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