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Belgique : le marché noir des jeux inquiète 

Le marché européen des jeux d’argent illégaux prend une ampleur considérable. Selon une étude commandée par EUROMAT et réalisée par Regulus Partners et Helios, les activités non autorisées auraient progressé en moyenne de 18 % par an depuis 2019. La Belgique fait partie des pays particulièrement concernés. 

En Belgique, le marché illégal séduit déjà une partie des jeunes joueurs 

Le phénomène n’est plus seulement une menace théorique pour les autorités belges. Une enquête réalisée en 2025 par DataSynergy pour la Commission des jeux de hasard auprès d’environ 1 000 Belges âgés de 18 à 30 ans donne une indication de l’ampleur du problème. 

Parmi les joueurs interrogés, 84 % déclaraient utiliser des sites légaux. Pourtant, 28 % indiquaient également fréquenter des plateformes illégales et environ 8 % affirmaient jouer exclusivement sur des sites non autorisés. 

Autre constat notable : trois marques illégales figuraient parmi les dix plateformes de jeux les plus connues des personnes interrogées. Le marché réglementé et le marché clandestin ne fonctionnent donc pas nécessairement comme deux univers totalement séparés. Une partie des joueurs fréquente les deux. 

Des plateformes illégales devenues de véritables entreprises internationales 

Environ 25 opérateurs représenteraient à eux seuls 64 % du trafic lié aux jeux illégaux dans les 28 juridictions analysées. 

Le principal groupe de sites appartenant à un même propriétaire concentrerait environ 12 % du trafic. La première marque prise individuellement atteindrait environ 10 %. 

Ces chiffres décrivent un secteur bien éloigné de l’image de petits sites clandestins dispersés. Les principaux opérateurs disposent désormais de marques internationales et investissent dans leur promotion numérique et le parrainage. Certains acceptent également les paiements en cryptomonnaies

Des structures de sociétés complexes et l’utilisation de licences délivrées par certaines juridictions compliquent par ailleurs l’identification des propriétaires et l’application des décisions prises par les autorités nationales. 

La frontière entre site légal et plateforme clandestine devient moins visible 

L’apparence des plateformes constitue un autre défi. Certains opérateurs illégaux proposent des sites particulièrement soignés, des applications mobiles et d’importantes campagnes sur les réseaux sociaux. Des partenariats avec des personnalités ou des organisations sportives internationales peuvent également renforcer leur visibilité. 

Pour un joueur, reconnaître immédiatement qu’une plateforme ne possède pas l’autorisation requise dans son pays peut donc devenir plus difficile. 

En Belgique, la Commission des jeux de hasard maintient une liste noire des sites identifiés comme proposant illégalement des jeux aux résidents belges. Les domaines concernés peuvent être bloqués et un message officiel informe alors l’internaute du caractère illégal de la plateforme et des risques associés. Cette stratégie rencontre toutefois une difficulté : les exploitants peuvent adopter de nouveaux noms de domaine après un blocage.  

Jusqu’à 13 milliards d’euros en 2026 

L’ampleur économique estimée du phénomène explique les inquiétudes. Selon l’étude commandée par EUROMAT, le marché européen non autorisé aurait enregistré une croissance annuelle moyenne de 18 % entre 2019 et 2026. À ce rythme, son produit brut des jeux pourrait atteindre jusqu’à 13 milliards d’euros en 2026. 

Les chercheurs ont examiné 28 juridictions européennes en croisant plusieurs catégories d’informations, notamment le trafic des sites, leur activité promotionnelle numérique, les données macroéconomiques et les différentes réglementations nationales. 

Helios a notamment étudié les sites illégaux faisant activement leur promotion entre mars et mai 2026, puis rapproché ces observations des données de fréquentation fournies par Similarweb. L’étude décrit ainsi un marché structuré et largement professionnalisé, plutôt qu’une succession de petits opérateurs clandestins indépendants. 

La Belgique est explicitement mentionnée parmi les marchés où le nombre de sites illégaux faisant activement leur promotion serait supérieur à celui des plateformes disposant d’une licence nationale. L’étude fait le même constat pour plusieurs autres pays, notamment la France, l’Allemagne, l’Espagne, les Pays-Bas, le Portugal et Chypre. 

Cette situation intervient alors que la réglementation belge s’est progressivement renforcée. Depuis le 1er septembre 2024, l’âge minimum pour participer aux jeux de hasard et aux paris est fixé à 21 ans. Pour les opérateurs en ligne autorisés, la limite légale de dépôt est fixée à 200 euros par semaine et par compte joueur, avec des règles particulières lorsqu’une augmentation est demandée. La Belgique a également renforcé les restrictions portant notamment sur la publicité et les bonus. 

Les sites illégaux échappent à une grande partie de ces obligations. Ils peuvent ainsi proposer des promotions ou certaines conditions qui ne sont plus accessibles de la même manière auprès des opérateurs disposant d’une licence belge. 

Les restrictions publicitaires alimentent un débat sensible 

D’après les auteurs de l’étude, environ 46 % des marchés examinés imposent des restrictions publicitaires qu’ils considèrent comme importantes. La Belgique figure dans ce groupe avec, entre autres, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne et les Pays-Bas. 

Les chercheurs avancent que les restrictions publicitaires, la fiscalité appliquée aux joueurs dans certains pays, l’interdiction de certaines catégories de jeux ou encore les situations de monopole peuvent contribuer à orienter certains consommateurs vers des plateformes étrangères non autorisées. 

Le rapport s’appuie ici sur le principe de « canalisation » : pour maintenir les joueurs dans le marché réglementé, l’offre légale doit rester suffisamment attractive face aux plateformes clandestines. 

Selon ce raisonnement, lorsqu’un joueur ne trouve plus certaines fonctionnalités ou conditions auprès des opérateurs autorisés, il peut les rechercher ailleurs. Une fois inscrit sur une plateforme illégale, il pourrait ensuite y transférer une part plus importante de son activité. 

Une petite proportion de joueurs pourrait peser très lourd 

La taille du marché clandestin ne dépend pas uniquement du nombre de personnes qui le fréquentent. Selon Regulus Partners, le 1 % des joueurs les plus actifs générerait près de la moitié des revenus du marché noir européen. 

Un marché réglementé peut conserver une grande majorité de joueurs tout en perdant une part significative des dépenses si certains joueurs particulièrement actifs se tournent vers les plateformes offshore. 

Autrement dit, mesurer uniquement le nombre d’utilisateurs présents sur les sites légaux ne suffit pas nécessairement à déterminer quelle part de l’argent misé reste effectivement dans le circuit réglementé. 

Les cryptomonnaies compliquent les blocages 

Les moyens de paiement numériques constituent également un enjeu. Selon l’étude, les cryptomonnaies permettent notamment aux opérateurs clandestins de réduire leur dépendance aux systèmes de paiement traditionnels. Certaines mesures destinées à bloquer les transactions deviennent alors moins efficaces. 

Cette capacité technique s’ajoute à la professionnalisation des grands opérateurs illégaux et à leur faculté de changer de domaine lorsque les autorités bloquent une adresse. 

Les plateformes de petite taille, elles, resteraient davantage dépendantes de sites intermédiaires qui leur apportent de nouveaux joueurs. 

Protection des joueurs ou maintien dans le marché légal : quel équilibre ? 

Le développement du marché noir place les autorités face à une équation délicate. Les opérateurs autorisés en Belgique doivent respecter des règles concernant notamment les contrôles d’identité, les mécanismes d’exclusion, les limites de dépôt, la publicité et l’accès aux jeux. Les plateformes clandestines peuvent ignorer ces obligations. 

La question n’est donc pas seulement de renforcer la réglementation. Il s’agit également de déterminer comment maintenir les joueurs dans un environnement contrôlé lorsque des opérateurs étrangers leur proposent une offre échappant aux contraintes belges. 

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Alex explore le monde des casinos à travers des articles informatifs et divertissants. Nourri par une passion profonde pour l'art et la télévision, chaque texte témoigne d'une attention particulière aux détails et d'une quête d’équilibre entre rigueur et créativité. Que ce soit pour démystifier des stratégies de jeu ou raconter l’histoire fascinante des casinos, son objectif est d'informer tout en captivant ses lecteurs.

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