L’EGBA attaque un prestataire de paiement lituanien
L’EGBA a déposé une plainte contre le prestataire lituanien Walletto. Elle affirme avoir relevé des éléments suggérant que ses services de paiement auraient été utilisés pour alimenter plusieurs plateformes de jeux d’argent illégales visant des consommateurs européens.
Une plainte fondée sur des transactions d’essai
L’EGBA a annoncé le 10 juillet 2026 avoir saisi officiellement la Banque de Lituanie. Sa plainte vise Walletto, un prestataire de services de paiement établi dans le pays, pour le traitement présumé de transactions liées à des opérateurs de jeux d’argent en ligne illégaux.
À ce stade, l’EGBA indique que sa démarche repose sur une enquête consacrée à des sites et à des applications de jeux illégaux ciblant les consommateurs européens. Au cours de ces vérifications, des transactions d’essai auraient été effectuées sur plusieurs plateformes. Les résultats de ces opérations ont révélé des éléments suggérant que les services de Walletto auraient été utilisés pour réaliser des dépôts auprès de certains de ces opérateurs. C’est sur la base de ces constatations que l’association a décidé de transmettre une plainte formelle au régulateur financier lituanien.
Le paiement, point vital des plateformes illégales
Les plateformes non autorisées dépendent des mêmes infrastructures financières que les entreprises régulières : elles ont besoin de prestataires de paiement, d’établissements chargés d’accepter les transactions et de réseaux de cartes bancaires pour transférer les fonds vers leurs comptes. Sans ces canaux, elles ne pourraient pas opérer à grande échelle. En revanche, tant qu’elles sont en mesure d’accepter des dépôts et de traiter des transactions, elles peuvent continuer à proposer leurs services en dehors des régimes de licences imposés dans l’Union européenne.
L’EGBA estime que cette situation leur permet d’échapper aux contrôles réglementaires tout en atteignant directement les consommateurs européens. La plainte déposée en Lituanie a pour but de priver les opérateurs illégaux des moyens financiers indispensables à leur activité.
Maarten Haijer, secrétaire général de l’EGBA, résume ainsi l’objectif de l’association :
« Les prestataires de paiement ne devraient pas être autorisés à traiter des transactions pour des opérateurs de jeux d’argent illégaux. Les opérateurs illégaux se développent en exploitant les circuits financiers légitimes et les réseaux de paiement courants auxquels les consommateurs font confiance chaque jour. Notre ambition est simple : ne leur laisser aucune marge de manœuvre et couper les circuits de paiement qu’ils utilisent pour atteindre les consommateurs européens. »
Des joueurs privés des protections élémentaires
La question des paiements ne relève pas uniquement du respect des règles financières. Elle touche également à la protection des personnes qui jouent sur ces plateformes.
Les opérateurs réglementés sont soumis à des obligations destinées à vérifier l’identité de leurs clients, prévenir le blanchiment d’argent et limiter les risques liés au jeu excessif. Les sites illégaux n’offrent aucune garantie comparable.
Les consommateurs qui y déposent de l’argent ne bénéficient pas nécessairement d’une vérification rigoureuse de leur identité. Ils peuvent également se retrouver sans outil leur permettant de limiter leurs mises, de suspendre leur activité ou de mieux contrôler leur comportement de jeu.
L’absence de contrôles efficaces signifie aussi que des mineurs pourraient accéder à ces services. Il en va de même pour les joueurs qui se sont volontairement exclus des plateformes réglementées afin de se protéger. Sur un site illégal, les mécanismes censés empêcher leur retour peuvent tout simplement ne pas exister.
Un autre risque concerne le paiement des gains. Lorsqu’un consommateur joue auprès d’un opérateur qui ne respecte aucune autorisation européenne, il ne dispose d’aucune garantie que les sommes remportées lui seront effectivement versées.
Une application plus ferme des règles existantes
L’EGBA ne demande pas uniquement la création de nouvelles mesures. Elle réclame également une application plus complète et plus uniforme des règles déjà en vigueur dans l’Union européenne.
L’association cite notamment la directive européenne sur les services de paiement et les obligations relatives à la lutte contre le blanchiment d’argent. Elle estime que les autorités financières devraient utiliser ces dispositifs avec davantage de fermeté contre les prestataires qui faciliteraient des transactions liées à des opérateurs illégaux.
Un opérateur peut viser des joueurs dans plusieurs pays, utiliser un prestataire établi dans un autre État et faire transiter ses paiements par un réseau international. Une action limitée à un seul territoire risque alors de déplacer le problème plutôt que de le résoudre. C’est pourquoi l’association insiste sur la nécessité d’une mobilisation européenne. Les autorités du secteur financier et celles chargées des jeux d’argent doivent pouvoir partager leurs informations et agir sur l’ensemble des intermédiaires utilisés.
Couper les flux plutôt que poursuivre les plateformes une à une
Fermer un site ou bloquer une adresse ne suffit pas toujours. Une plateforme peut changer de nom, de domaine ou d’application. En revanche, son activité devient beaucoup plus difficile si elle perd l’accès aux paiements. En ciblant les circuits financiers, les autorités pourraient agir sur la capacité même des opérateurs à recevoir l’argent des joueurs.

