Jeux illégaux : l’Europe perd 23 milliards
Selon une étude annuelle de Gaming Compliance International réalisée pour l’Association européenne des casinos, les États membres auraient perdu près de 23 milliards d’euros de recettes fiscales en 2025, tandis que le chiffre d’affaires du secteur illégal aurait atteint 91,6 milliards d’euros.
Un marché illégal en hausse de 14 % en un an
La progression enregistrée en 2025 est particulièrement marquée. D’après les données citées par BAGO, le marché non réglementé des jeux d’argent en ligne a augmenté de 14 % en un an.
Son chiffre d’affaires total est ainsi estimé à 91,6 milliards d’euros. Cette activité aurait parallèlement privé les États membres européens de près de 23 milliards d’euros de recettes fiscales.
Les conclusions de l’étude ont été présentées lors d’une table ronde organisée au Parlement européen. Des représentants de la Commission européenne, d’Europol, d’Eurojust, de l’Autorité européenne de lutte contre le blanchiment de capitaux ainsi que des autorités nationales chargées de la régulation des jeux de hasard ont participé aux discussions.
Plus de 6 200 opérateurs illégaux cibleraient les Européens
Selon l’étude, plus de 6 200 opérateurs illégaux ciblent activement les consommateurs européens. Ensemble, ils représenteraient désormais la majeure partie du chiffre d’affaires des jeux d’argent en ligne dans l’Union européenne.
Leur capacité à toucher les joueurs s’est également renforcée. Les chercheurs identifient plusieurs canaux permettant à ces opérateurs d’atteindre les consommateurs, notamment les réseaux sociaux, les moteurs de recherche et les plateformes de diffusion illégales.
Les paiements en cryptomonnaies facilitent également leurs activités, alors que ces opérateurs restent en dehors de la surveillance européenne.
Des joueurs sans les protections du marché réglementé
Pour BAGO, qui représente des opérateurs de jeux de hasard agréés en Belgique, les conséquences ne se limitent pas aux recettes fiscales perdues. L’association insiste également sur les risques auxquels les consommateurs peuvent être exposés lorsqu’ils utilisent des sites illégaux.
« Les joueurs qui misent sur un site illégal ne bénéficient d’aucune protection. Il n’y a aucun contrôle de l’âge, aucun suivi en matière de jeu responsable, aucune garantie concernant les paiements et aucune protection effective contre la fraude ou le blanchiment d’argent. En outre, pas un seul euro de recettes fiscales ne revient à la collectivité », affirme Tom De Clercq, président de BAGO.
L’Europe cherche une réponse transfrontalière
La dimension internationale des activités illégales complique leur contrôle. Lors de la réunion organisée au Parlement européen, plusieurs participants ont ainsi défendu le renforcement de la coopération entre les États membres, Europol et d’autres institutions européennes.
Pour BAGO, les mécanismes traditionnels de surveillance montrent leurs limites face à des opérateurs numériques capables d’atteindre rapidement les consommateurs européens.
La croissance du marché illégal n’est pas propre à l’Europe. Gaming Compliance International estime que le marché mondial des jeux d’argent illégaux a atteint 5 900 milliards de dollars en 2025.
BAGO réclame des blocages plus rapides
En Belgique, la politique relative aux jeux de hasard doit encore être modernisée. BAGO estime que cette évolution constitue une occasion de placer la lutte contre les opérateurs illégaux parmi les priorités.
« La lutte contre les jeux de hasard illégaux doit devenir une priorité absolue », déclare Tom De Clercq. « Nous avons donc besoin d’un blocage rapide des sites illégaux et des flux de paiement, ainsi que d’une coopération plus étroite entre les autorités de contrôle, la police et la justice. »

