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Viage dit non à la prolongation du casino 

Le compte à rebours s’accélère autour du Casino de Bruxelles. Viage exclut désormais de poursuivre l’exploitation après le 31 décembre 2026 dans le cadre de sa concession actuelle. Alors que l’attribution de la prochaine concession à ECK, société derrière Napoleon Games, a été suspendue par le Conseil d’État, l’incertitude fait peser une menace directe sur 286 emplois. 

Le 1er janvier 2027 devient une échéance critique 

À Bruxelles, la question n’est plus seulement de savoir qui exploitera le casino durant les quinze prochaines années. Il faut désormais déterminer s’il sera possible d’éviter une interruption de l’activité lorsque la concession actuelle arrivera à son terme, le 31 décembre 2026. 

Viage, exploitant du Casino de Bruxelles depuis 2010, a clairement fait connaître sa position. Dans un courrier adressé à la Ville de Bruxelles et au gouvernement bruxellois, l’entreprise indique qu’elle ne souhaite pas continuer à exploiter l’établissement après cette date sur la base de la concession actuelle. 

La possibilité d’une prolongation temporaire constituait pourtant l’une des pistes susceptibles de donner davantage de temps aux autorités. La Ville aurait demandé à deux reprises à Viage d’envisager cette solution. L’opérateur l’a refusée. 

Pourquoi Viage refuse-t-il une prolongation ? 

Pour Viage, ajouter quelques mois à la concession actuelle ne répondrait pas au problème à l’origine du blocage. L’exploitant estime que la difficulté mise en évidence par le Conseil d’État concerne essentiellement les conditions dans lesquelles les candidatures à la nouvelle concession ont été évaluées. 

Une prolongation ne corrigerait donc pas, selon l’entreprise, les problèmes relatifs à cette évaluation. 

Viage considère également cette solution comme juridiquement fragile et coûteuse. Elle pourrait, selon l’opérateur, entraîner de nouveaux recours de la part des autres candidats sans apporter de réelle visibilité aux salariés. 

Une attribution à ECK suspendue par le Conseil d’État 

Pour comprendre cette situation, il faut revenir à la décision prise le 17 juillet 2026. Le collège de la Ville de Bruxelles avait alors attribué à ECK NV la concession permettant d’exploiter le casino pendant les quinze prochaines années. Cette société se trouve derrière Napoleon Games.  

Viage était arrivé derrière ECK dans l’évaluation des candidatures et avait contesté la décision devant le Conseil d’État. Le 31 août, la juridiction administrative a suspendu l’attribution. Le Conseil d’État a notamment critiqué la manière dont certains éléments avaient été pris en compte dans l’évaluation alors qu’ils n’apparaissaient pas clairement parmi les critères annoncés dans le cahier des charges. 

Cette suspension ne signifie cependant pas que la concession revient automatiquement à Viage. La Ville doit décider de la suite à donner au dossier. Plusieurs voies restent évoquées : maintenir le choix d’ECK avec une nouvelle motivation, réexaminer les différentes candidatures ou recommencer la procédure de concession. 

Viage veut une nouvelle évaluation des candidatures 

Plutôt qu’une prolongation de sa concession actuelle, Viage demande une reprise de la procédure au niveau où sont apparus les problèmes relevés par le Conseil d’État. L’opérateur souhaite que la Ville retire sa décision du 17 juillet attribuant la concession à ECK et procède à une nouvelle analyse de l’ensemble des candidatures.  

Viage réclame une évaluation qu’il présente comme devant être « objective, transparente et non discriminatoire », suivie d’une décision motivée conformément aux critères du cahier des charges. Cette solution permettrait surtout, selon l’entreprise, d’éviter de recommencer toute la procédure. 

Viage estime qu’une procédure entièrement nouvelle pourrait durer de nombreux mois, voire plus d’un an. Dans ces conditions, disposer d’un nouvel exploitant opérationnel dès le 1er janvier 2027 apparaîtrait particulièrement difficile. 

La réévaluation des candidatures existantes est également soutenue par plusieurs représentants syndicaux, qui y voient une possibilité d’avancer plus rapidement. 

286 salariés attendent désormais une réponse 

Environ 286 emplois sont concernés par l’avenir du Casino de Bruxelles. 

Le 15 septembre, une partie des salariés s’est rassemblée devant Brucity, le centre administratif de la Ville de Bruxelles. Leur objectif était d’obtenir des garanties et une décision rapide concernant l’avenir de l’établissement. 

Une délégation syndicale a rencontré le bourgmestre Philippe Close ainsi que Nawal Ben Hamou, échevine notamment chargée de la Régie foncière. 

Le cahier des charges comporte des dispositions relatives à la reprise du personnel par le futur exploitant. Mais une transition directe entre Viage et le prochain concessionnaire apparaît beaucoup plus simple à organiser qu’une succession entrecoupée d’une fermeture. 

En cas de rupture entre la cessation des activités de Viage et l’arrivée du nouvel exploitant, les garanties entourant le transfert du personnel pourraient devenir plus difficiles à mettre en œuvre. Une fermeture temporaire pourrait également provoquer une période de chômage pour les salariés concernés. 

Viage va plus loin dans son avertissement. L’entreprise indique que l’absence d’une décision suffisamment rapide pourrait la contraindre à envisager une procédure de licenciement collectif. 

Viage chiffre le risque financier à 15 millions d’euros 

Viage estime que l’absence d’une solution assurant la continuité de l’activité au 1er janvier pourrait lui coûter environ 15 millions d’euros. Selon l’exploitant, cette estimation englobe notamment les conséquences financières d’une cessation d’activité, les coûts sociaux et différentes obligations contractuelles. Le casino travaille également avec plusieurs centaines de fournisseurs. Certains contrats doivent être renouvelés ou dénoncés en fonction de ce qui se passera après le 31 décembre. 

Le Casino de Bruxelles occupe environ 14 000 mètres carrés dans la galerie Anspach. AG Real Estate, qui détient des droits immobiliers sur ces espaces, a demandé à Viage de préparer leur restitution à l’échéance de la concession. 

Un éventuel changement d’exploitant implique donc plusieurs opérations qui doivent être coordonnées. Il faut notamment régler les conditions d’occupation des locaux, traiter certains contrats, organiser l’éventuel transfert d’actifs et de données, informer les travailleurs et permettre au futur exploitant d’obtenir les autorisations nécessaires. 

Une fermeture toucherait également les finances publiques 

Une interruption de l’exploitation priverait la Ville de Bruxelles de redevances associées à la concession ainsi que de certains revenus immobiliers. La Région bruxelloise perdrait de son côté les recettes fiscales générées par les activités de jeux du casino. 

Viage estime que le manque à gagner pour les pouvoirs publics pourrait représenter plusieurs millions d’euros par mois en cas de fermeture. 

Le 6 octobre, prochaine étape attendue 

Les syndicats attendent de nouvelles réponses de la Ville pour le 6 octobre 2026. De son côté, Viage pousse en faveur d’une réévaluation des candidatures plutôt que d’une prolongation ou d’un redémarrage complet de la procédure. 

À l’autre bout du calendrier se trouve une date qui ne peut pas être repoussée par la seule procédure administrative : le 31 décembre 2026, jour où la concession actuelle arrive à son terme. 

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Caroline est spécialisée dans l'industrie des casinos, où elle allie une connaissance approfondie du secteur du jeu en France et une passion pour les innovations numériques. Elle explore les changements qui révolutionnent cette industrie, depuis l'intégration de l'intelligence artificielle dans l'expérience utilisateur et les analyses de données jusqu'aux technologies de blockchain qui renforcent la sécurité et la transparence des transactions. Curieuse et engagée, elle s’intéresse particulièrement aux solutions de jeu responsable et aux nouvelles régulations, abordant des sujets aussi variés que la protection des joueurs, la gestion des comportements à risque, et l'importance des pratiques éthiques.

Grâce à ses articles fouillés et accessibles, Caroline permet aux lecteurs de mieux saisir les tendances, les innovations et les défis d'une industrie en constante mutation. Elle prend soin de démystifier les nouvelles technologies et de faire le lien entre les avancées techniques et leurs implications concrètes pour les joueurs et les opérateurs. Son objectif ? Offrir une vision éclairée et équilibrée sur un secteur en pleine transition, entre tradition et modernité, tout en contribuant à un dialogue autour d’un jeu plus responsable et sécurisé.

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